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>> FX & Macro — N°11

Analyse de la semaine : statu quo de la Fed, baisse du pétrole et choc politique au Royaume-Uni avec la démission de Keir Starmer.

>> Contexte Global :

Le contexte de la semaine passée demeure beaucoup plus calme et moins volatil que les semaines précédentes avec les tensions au Moyen-Orient qui se sont apaisées d’un côté, et les différentes données macroéconomiques pas très éloignées des attentes pour la plupart.

1. USD :

Le week-end dernier, le ton est redescendu entre le Moyen-Orient et les États-Unis, avec un traité de paix entre les deux parties. Ainsi, ce dernier devait être signé avant vendredi afin d’assurer la validité des conditions de paix, comme la réouverture du détroit d’Ormuz. Les effets de cette annonce ne se sont pas fait attendre, le pétrole a chuté à l’ouverture, et durant la première moitié de la semaine.

Graphique du pétrole en 1H
Fig 1.1 - Prix du Pétrole (WTI) - Intervalle 1H.

Enfin, la première réunion du nouveau Président de la FED a eu lieu ce mercredi 17 juin. Nous pouvons dire au revoir à notre bien-aimé “Good-Afternoon” et dire bonjour au “Good-Day”. Blague mise à part, la réunion du FOMC n’a pas amené avec elle de changement drastique de politique monétaire. Quand bien même le ton général du gouverneur demeure hawkish, les actions menées ont été dovish étant donné qu’il n’y a eu aucun changement de taux directeurs. En effet, ce dernier paraît un peu plus incisif que son prédécesseur, avec une attention particulière à l’inflation. Ex ante, le président Trump l’avait sollicité, car il connaissait sa prédisposition à jouer avec des taux plus faibles, mais la conjoncture économique actuelle pousse à croire que K. Warsh pourrait bien augmenter les taux si l’inflation ne daigne pas ralentir. Pour rappel, la FED a deux mandats officiels, contrairement à son homologue japonaise et européenne. Le premier est relatif au contrôle de l’inflation avec une cible de 2%, et le second, à garantir une situation optimale de plein emploi en zone US.

D’un point de vue des mesures prises pour l’instant, les taux restent inchangés, néanmoins, les opérations d’open market vont viser à acheter des treasury bills (maturité 3 ans en général), afin de garantir une réserve suffisante.

Enfin, le DXY s’est fortement apprécié à la suite de la réunion du FOMC, et pour cause : les opérations d’open market, une saisonnalité forte pour le dollar, et un contexte géopolitique très accommodant à la suite du traité de paix.

La séance de vendredi, marquée par un jour férié aux États-Unis, induit une liquidité réduite sur les marchés, créant ainsi une fenêtre d’opportunité historique pour une intervention des autorités nippones. Le cross USD/JPY évolue désormais en zone d’alerte après avoir franchi ses sommets de 2024 jeudi dernier. En l’absence de mesures concrètes aujourd’hui, le champ resterait libre pour une offensive spéculative vers les 162/163, portée par la vigueur structurelle du billet vert.

2. GBP :

Portrait de Keir Starmer
Fig 2.1 - Keir Starmer, Premier ministre britannique.

À l’heure où je vous écris (le lundi 22 juin 2026), le Premier ministre anglais vient de démissionner. En effet, Keir Starmer a donné sa démission ce matin même, la veille des 10 ans du Brexit. Le président du Labour Party demeurera Premier ministre jusqu’au vote de son successeur, pour l’instant les attentes se portent plus vers le maire du Grand-Manchester, Andy Burnham.

Andy Burnham est un membre de ce que l’on appelle la “soft left” qui se positionne comme un entre-deux entre la droite et la gauche.

Selon l’analyse de Burnham, le déclin du dynamisme économique du Royaume-Uni s’articule autour de quatre piliers délétères : une désindustrialisation marquée, les vagues de privatisation, la rigueur des mesures d’austérité et, bien entendu, les répercussions structurelles du Brexit.

La doctrine du Manchesterism ambitionne de restaurer la souveraineté des collectivités locales sur des secteurs stratégiques tels que l’habitat, les infrastructures publiques, la mobilité et la formation, s’inspirant directement des réformes déjà éprouvées au sein de la métropole mancunienne.

Son action à la mairie reste indissociable du Bee Network. Cette initiative a permis de restructurer intégralement les transports urbains via un système intégré sous gouvernance locale, calqué sur l’efficience londonienne, tout en garantissant l’accessibilité grâce à une tarification plafonnée à 2 livres le trajet.

3. JPY :

Le sentiment retail pousse un achat fort de yen dans les prochaines semaines, étant donné les niveaux clés atteints sur USD/JPY (161). En effet, comme nous l’avons déjà souligné maintes fois dans nos travaux, les authorities financières nippones ont une volonté de garder un yen fort vis-à-vis des autres devises, et cela se fait généralement par le canal de la paire USD/JPY, qui dans les niveaux clés 160 - 161 subit généralement des ventes importantes. Notre avis sur ce sentiment global n’est pas tout à fait le même, car si aucune intervention n’est menée, nous voyons le cross USD/JPY plus haut qu’actuellement (voir les raisons plus bas), comme nous l’avons souligné dans la partie sur le Dollar un peu plus haut.

Depuis plus de 2 mois maintenant, le Japon s’efforce de renverser la tendance baissière du yen, mais en vain. Dans un premier temps, via le déploiement de 70 milliards de dollars sur le marché des changes, et dans un second temps via une hausse des taux directeurs. En effet, cette semaine la Bank Of Japan a augmenté les taux pour enfin atteindre 1%. Mais ces actions sur le marché des changes et sur les taux n’ont pas eu les effets escomptés. Car quand bien même l’écart entre les taux des deux zones monétaires s’est réduit, il n’en reste pas moins important. Le rendement des obligations nippones à 10 ans s’établit actuellement à 2,64 %, contre 4,451 % pour les bons du Trésor US à 10 ans. Une telle disparité demeure suffisante pour entretenir la dynamique du carry trade.

Graphique du spread de taux sur 1 an
Fig 3.1 - Spread de taux 10 ans (US - Japon) sur 1 an.
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Léo Lombardini

Léo Lombardini

Trader, Économie & Quant

Passionné d'analyse des marchés et de modélisation statistique, Léo supervise l'allocation stratégique du portefeuille modèle et le développement des frameworks quantitatifs d'Horacle Capital, ainsi que la rédaction d'articles hebdomadaires.

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