Equity
Lundi 7 juillet, Donald Trump a déclaré le cessez-le-feu avec l’Iran “terminé” après de nouvelles frappes de part et d’autre. Le détroit d’Ormuz est refermé “jusqu’à nouvel ordre” par Téhéran. Les marchés ont réagi, mais sans panique. Wall street a terminé en baisse lundi, pénalisée par la flambée du pétrole et le regain de tensions géopolitiques.
Mardi 8 juillet, l’armée américaine a mené une nouvelle série de frappes contre l’Iran en réponse à des attaques visant trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Le marché a alors intégré une prime de risque géopolitique plus élevée.
En outre, les données d’inflation américaine tombent et changent complètement le ton de la semaine. Le CPI recule de 0,4% sur le mois, sa plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020. Sur un an, il revient à 3,5%, contre 4,2% en mai et 3,8% attendus par les économistes. Le moteur principal de cette décrue : le plongeon de 5,7% de l’indice énergie, reflet du recul du brut vers les 70 dollars au moment du cessez-le-feu de juin. Mais cela va plus loin : les prix des services de transport et des soins médicaux reculent également.
La réaction des marchés est immédiate. Le Nasdaq a grimpé de 1%. Le S&P 500 a progressé modestement. Les rendements obligataires reculent, le 10 ans américain tombant à 4,55%, contre 4,59% la veille. Le dollar chute de 0,6%. La probabilité d’une hausse de taux de la Fed lors de la réunion de fin juillet s’effondre à 11%, contre 42% la veille selon le CME FedWatch. Warsh, entendu par le Congrès le même jour, promet de faire de l’inflation “une histoire du passé”.
Le CAC 40 bénéficie de cette détente. La Bourse de Paris clôture en hausse jeudi 10 juillet, portée par l’apaisement des craintes inflationnistes et un élan favorable aux valeurs technologiques. Le Dow Jones bondit de 600 points jeudi, à 52 900 points, proche d’un nouveau record. Les dépenses par carte de crédit et de débit publiées par Bank of America affichent leur plus forte hausse depuis avril 2022, à +6,3% sur 12 mois, signalant une consommation américaine toujours solide.
COMMO
Coté pétrole, après deux semaines de stabilisation autour de 72 dollars, il est reparti violemment à la hausse en début de semaine.
Mercredi 9 juillet, le Brent bondit de 6,45% à 78,94 dollars le baril. Le WTI gagne 6,49% à 75,01 dollars. Trois pétroliers ont été touchés en moins de 24 heures dans le détroit d’Ormuz selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO.
Washington retire également une dérogation qui permettait à l’Iran d’écouler une partie de sa production sur les marchés internationaux, ajoutant une pression supplémentaire sur l’offre.
La réaction est cependant plus contenue que lors des épisodes précédents. Des analystes d’IG notent que le marché fait preuve d’une “confiance croissante” et que la flambée restera contenue plutôt que de déboucher sur un conflit régional prolongé. Les efforts diplomatiques se poursuivent en coulisses : le ministre iranien des Affaires étrangères Araghchi tient des discussions avec ses homologues d’Arabie Saoudite, d’Oman et de Turquie.
Vendredi 11 juillet, le Brent clôture à 76,01 dollars (-0,38%), le WTI à 71,41 dollars (-0,93%). Sur la semaine, le Brent progresse d’environ 5% et le WTI d’environ 4%. L’Arabie Saoudite abaisse son prix de vente officiel vers l’Asie de 11 dollars, une baisse inédite, signe que la compétition pour les parts de marché asiatiques s’intensifie.
Gold
L’or vit une semaine en deux temps. En début de semaine, la rupture du cessez-le-feu et le regain de tensions au Moyen-Orient soutiennent mécaniquement le métal refuge. L’or évolue autour de 4 030 dollars l’once en début de période.
Mardi, le CPI redistribue les cartes. La chute de l’inflation réduit les anticipations de hausse de taux, ce qui soutient l’or sur un autre canal : moins de taux signifie moins de coût d’opportunité à détenir un actif sans rendement. Le dollar recule fortement (-0,6% mardi), ce qui donne un coup de pouce supplémentaire au métal libellé en dollars.
En parallèle, les grandes banques révisent leurs scénarios. Goldman Sachs maintient son objectif de 5 400 dollars l’once d’ici fin 2026, porté par des achats des banques centrales émergentes estimés à 50 tonnes par mois en moyenne. JPMorgan anticipe de son côté un trading latéral à court terme, dans l’attente d’une confirmation de la trajectoire de la Fed.
Le niveau des 4 000 dollars reste le support technique à surveiller. Un CPI qui continue de décélérer et un Warsh qui s’abstient de relever les taux en juillet offriraient à l’or les conditions d’un rebond plus franc vers 4 265 dollars dans les semaines à venir.
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Raphaël Chouraqui
Rédacteur
Passionné d'économie et de finance de marché. Raphaël apporte son expertise dans le décryptage des cycles macroéconomiques et participe à la rédaction des analyses d'Horacle Capital.
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