Bilan du Premier Semestre et Rebond des Marchés
Equity : Le bilan du premier semestre
Le CAC 40 clôture le premier semestre 2026 à 8 403,99 points, en progression de +3,1% depuis le 1er janvier. Le bilan est correct mais fragile. Après un premier trimestre très difficile (guerre en Iran, tensions géopolitiques et volatilité des marchés), les mois de mai et juin ont offert un rebond solide, rattrapant ainsi une grande partie des pertes.
Lundi 29 juin, le ton est toutefois prudent. Le CAC recule de 0,21%, à 8 367 points. L’appétit pour les actions reste freiné par les incertitudes autour de la Réserve fédérale américaine (Fed) et la prudence habituelle de fin de période.
Mardi 1er juillet, un léger repli s’installe. Le CAC cède 0,79%, à 8 337 points. La Bourse est sensible aux propos de Warsh à Sintra, qui insiste sur le fait que les prix restent “trop élevés” et laisse ouverte la porte à une éventuelle hausse de taux.
La semaine se redresse ensuite. Jeudi 3 juillet, la Bourse de Paris clôture en hausse et se rapproche de ses sommets. Le CAC 40 retrouve 8 400 points, porté par un regain d’optimisme autour de l’intelligence artificielle et par l’apaisement progressif des tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Wall Street clôture son meilleur trimestre depuis 2020
Le Nasdaq signe son meilleur trimestre depuis 2020, avec un gain de plus de 21% sur la période. Le S&P 500 progresse de 14,87% sur le trimestre, tandis que le Dow Jones prend 12,90%. Les investisseurs ont acheté massivement des valeurs liées à la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle ; pas seulement les grands noms de la technologie, mais aussi les équipementiers, les fournisseurs d’énergie pour les data centers et les acteurs des semi-conducteurs.
Matières Premières (Commodities)
Pétrole
Le pétrole s’installe dans une zone d’équilibre. En fin de semaine, le Brent se stabilise autour de 71,80 dollars le baril, et le WTI recule légèrement à 68,57 dollars. Ces niveaux sont comparables à ceux observés avant le déclenchement du conflit en Iran, en février 2026.
Le marché est rassuré par deux facteurs majeurs. D’abord, les discussions entre les États-Unis et l’Iran progressent. Ensuite, les signaux sur la navigation dans le détroit d’Ormuz sont positifs : l’approvisionnement aurait dépassé 10 millions de barils par jour, contre environ 20 millions en temps normal avant la guerre.
Dimanche 5 juillet, l’OPEP+ a décidé d’augmenter ses quotas de production de 188 000 barils par jour pour le mois d’août — une hausse similaire à celles décidées ces derniers mois. Ce signal d’offre supplémentaire renforce les anticipations d’un excédent durable. Les cours du pétrole remontaient néanmoins légèrement lundi 6 juillet en Asie, les flux dans le détroit d’Ormuz restant irréguliers et les stocks mondiaux devant encore être reconstitués.
Un risque de rebond reste sous-estimé selon plusieurs analystes. Le Brent est revenu à ses niveaux d’avant-guerre, mais la normalisation logistique n’est pas complète. Un incident suffirait à faire rebondir les cours brutalement.
Or
L’or vit une semaine de rebond inattendu, après plusieurs semaines de pression. Deux catalyseurs jouent en sa faveur.
Le premier est l’intervention de Warsh à Sintra. Le président de la Fed intervient mardi 1er juillet au forum annuel de la Banque Centrale Européenne (BCE) à Sintra, au Portugal. Son ton surprend par sa nuance : il reconnaît que les risques inflationnistes ont reculé ces dernières semaines, tout en réaffirmant que les prix restent “trop élevés”. Ce glissement modéré (dovish) est suffisant pour faire souffler les marchés. La probabilité d’une hausse de taux en septembre tombe de 65% à environ 50% dans la foulée.
Le second catalyseur est le rapport sur l’emploi américain (NFP) du 2 juillet. L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois en juin, le chiffre le plus faible en quatre mois, très en dessous des 110 000 attendus. Le taux de chômage monte à 4,2%. Ce raté confirme un ralentissement du marché du travail et retire de l’argument à ceux qui plaidaient pour un resserrement monétaire rapide.
L’or rebondit sur ces deux nouvelles. Le métal repasse au-dessus de 4 000 dollars l’once. Le dollar enregistre sa plus forte baisse hebdomadaire depuis avril, ce qui soutient mécaniquement le métal libellé en dollars. Les banques centrales continuent d’acheter : elles ont ajouté 41 tonnes métriques nettes à leurs réserves en mai, selon le Conseil mondial de l’or.
En fin de semaine cependant, la signature d’un traité de paix intérimaire entre Washington et Téhéran refroidit l’enthousiasme. La prime de risque géopolitique qui avait soutenu l’or ces derniers mois s’évapore partiellement. JPMorgan a publié une note anticipant un mouvement latéral dans les semaines à venir, tout en maintenant une perspective haussière à long terme. Goldman Sachs, de son côté, maintient son objectif de 4 900 dollars l’once d’ici fin 2026, porté par les achats des banques centrales émergentes.
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Raphaël Chouraqui
Rédacteur
Passionné d'économie et de finance de marché. Raphaël apporte son expertise dans le décryptage des cycles macroéconomiques et participe à la rédaction des analyses d'Horacle Capital.
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