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>> Commodities & Stocks — N°3

La semaine a démarré dans le rouge. Lundi 22 juin, le CAC 40 recule de 0,25%, à 8 400 points. Wall Street a suivi la même tendance, plombée par les craintes autour de la bulle de l'intelligence artificielle. Le Nasdaq a perdu 2,21% sur la semaine, à 25 587 points. Le Dow Jones, lui, est resté quasiment stable, à 51 667 points, porté par les secteurs défensifs.

ACTIONS

La tech :

Les valeurs technologiques et les fabricants de semi-conducteurs sont en première ligne. STMicroelectronics perd plus de 8% sur la semaine, à 63,47 euros. Soitec recule de plus de 6%, malgré une performance qui reste extraordinaire depuis le 1er janvier, avec un gain de plus de 419%. Le scénario se répète à Wall Street : sans nouvelle positive, les capitalisations technologiques subissent des prises de bénéfices, alimentées par les anticipations d’une remontée des taux américains plus rapide que prévu. Le titre Apple cristallise une grande partie des inquiétudes. La société chute de 6% en Bourse après l’annonce d’une hausse de ses prix, attribuée à l’envolée du coût des puces mémoire. Le marché redoute que des appareils plus chers finissent par peser sur la demande.

On voit maintenant émerger une nouvelle inflation : l’IAflation L’intelligence artificielle a été le véritable fil rouge de la semaine. Les fabricants de mémoire comme Samsung, SK Hynix ou Micron privilégient désormais les commandes des centres de données, plus rentables, au détriment des ordinateurs, tablettes et smartphones grand public.

Conséquence directe : les prix de la mémoire vive pourraient grimper de 130% en 2026. Microsoft prévoit même que le coût du stockage pourrait doubler d’ici l’automne 2027. Le groupe a d’ailleurs annoncé une hausse de prix sur ses consoles Xbox, la Series S passant de 400 à 500 dollars aux Etats-Unis. Ce phénomène, déjà baptisé “IAflation” devient un sujet concret pour les consommateurs comme pour les marchés, qui commencent à s’interroger sur l’impact futur sur les marges des géants technologiques.

SpaceX, toujours sous tension

SpaceX reste sous les projecteurs, deux semaines après son entrée en Bourse. Lundi 22 juin, le titre chute de plus de 16% en intraday, sa pire séance depuis le début de sa cotation, entraîné par le dégagement généralisé sur la tech. La société reste néanmoins 31% au-dessus de son prix d’introduction, preuve d’un momentum de fond qui résiste à la volatilité de court terme COMMO

Pétrole

Le pétrole vit une semaine de net repli, sur fond de normalisation progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz. La baisse hebdomadaire est sévère : Brent et WTI se dirigent vers un recul d’environ 8% sur la semaine. Vendredi 26 juin, le Brent cède plus de 4%, à 71,99 dollars le baril. Le WTI recule de 3,7%, à 69,23 dollars. Ce sont des niveaux comparables à ceux observés avant le déclenchement du conflit en Iran, en février 2026. La semaine n’a pourtant pas été calme. Jeudi 25 juin, un cargo a été touché par un projectile non identifié près des côtes d’Oman, alors qu’il tentait de franchir le détroit. Deux responsables américains affirment que l’Iran serait à l’origine du tir. L’incident pousse l’Organisation maritime internationale à suspendre temporairement son programme d’évacuation des marins, qui avait pourtant déjà permis la sortie de 115 navires et 2 500 personnes du Golfe. Le marché réagit dans un premier temps par un sursaut : le Brent et le WTI bondissent de plus de 2% jeudi. Mais la peur retombe vite. Dès vendredi, les cours rechutent, les opérateurs constatant que le trafic maritime se poursuit malgré l’attaque, certains navires emprutant des routes non approuvées par Téhéran. Saudi Aramco reprend même ses chargements sur son terminal de Ras Tanura, après près de quatre mois d’interruption. Les analystes restent prudents sur la suite. Selon ING, une grande partie du rebond du trafic s’explique surtout par le départ de navires auparavant bloqués dans le Golfe, plutôt que par un véritable retour à la normale. L’Irak, de son côté, presse l’OPEP d’augmenter ses quotas de production, ce qui renforcerait encore les anticipations d’un excédent d’offre en 2027.

Or

L’or termine la semaine sur une note défensive, mais regagne un peu de terrain en fin de période. Cette semaine, la tendance reste fragile, le dollar atteignant son plus haut niveau en plus d’un an face aux principales devises, ce qui rend l’or plus coûteux pour les détenteurs d’autres monnaies. Jeudi 25 juin, le rapport sur l’inflation américaine tombe globalement conforme aux attentes. Cette nouvelle apaise les craintes d’un resserrement monétaire imminent. L’or rebondit modestement, repassant au-dessus de 4 000 dollars l’once, porté par un dollar plus faible et des rendements obligataires en léger repli. Les anticipations de marché restent toutefois nettement orientées vers une politique plus stricte. Les traders intègrent désormais une probabilité de 80% d’une hausse de taux de la Fed en décembre, contre environ 63% pour une hausse en septembre. Malgré le rebond de jeudi, l’or reste en baisse d’environ 5% depuis le début de l’année, loin de son record historique de janvier. La baisse parallèle du pétrole, revenu à des niveaux d’avant-conflit, joue aussi contre l’or. En réduisant les craintes inflationnistes, elle retire l’un des soutiens qui avaient porté le métal précieux ces derniers mois. Le seuil des 4 000 dollars reste donc la ligne de démarcation à surveiller.

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Raphaël Chouraqui

Raphaël Chouraqui

Rédacteur

Passionné d'économie et de finance de marché. Raphaël apporte son expertise dans le décryptage des cycles macroéconomiques et participe à la rédaction des analyses d'Horacle Capital.

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