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Equity

Le CAC 40 a été la lanterne rouge des grandes Bourses mondiales cette semaine, ayant terminé en recul de plus d’un point de pourcentage sur la période, soit une performance de -4,25% depuis le début de l’année.

Le déclencheur n’était pas venu des marchés actions eux-mêmes, mais du marché obligataire. Le spread OAT-Bund, baromètre de la prime de risque française, avait dépassé 150 points de base en début de semaine, un niveau inédit depuis la crise de la zone euro de 2011. Le taux de l’OAT française à dix ans avait approché les 5%, seuil symbolique n’ayant pas été atteint depuis plus de vingt ans. Le message avait été clair : le projet de budget 2027 du Premier ministre Lecornu n’avait pas été jugé crédible. Le déficit public n’avait pas respecté les objectifs annoncés, et les investisseurs avaient commencé à se demander si la France était entrée dans un régime de prime de risque durablement élevée. Ce qui avait rendu la situation particulièrement inconfortable, c’était que la BCE n’avait pas pu intervenir facilement. Son instrument de protection de la transmission monétaire avait été réservé aux élargissements de spreads “injustifiés” (or un écart provoqué par les propres choix budgétaires d’un État membre n’était pas entré dans cette catégorie).

Aux États-Unis, la dynamique avait été radicalement différente. Le S&P 500 et le Nasdaq avaient tous deux battu des records en clôture. Ce découplage avait illustré une réalité que les marchés avaient consolidée tout au long de l’année : la politique et la géopolitique européennes n’avaient plus contaminé mécaniquement Wall Street. Les minutes de la Fed avaient certes signalé qu’une majorité de membres avait jugé probable une hausse de taux d’ici la fin de l’année. Mais les données du marché du travail de septembre avaient tempéré cet effet : les créations d’emplois avaient été bien inférieures aux attentes, et le marché n’avait plus accordé qu’environ une chance sur cinq à une hausse dès octobre.

Commodities

Pétrole

Le pétrole a connu sa semaine la plus agitée depuis juillet. La raison avait été simple : une nouvelle escalade militaire entre Washington et Téhéran a replongé les marchés dans l’incertitude que les mois de cessez-le-feu avaient temporairement dissipée.

Des informations avaient circulé en milieu de semaine selon lesquelles l’armée américaine s’était préparée à une éventuelle reprise des frappes en Iran avant les élections de mi-mandat de novembre. Le Brent avait aussitôt repassé la barre des 100 dollars. Un pétrolier avait été touché au large du Qatar. Le trafic dans le détroit d’Ormuz avait chuté de plus d’un quart par rapport au pic de la semaine précédente.

Ce qui a été frappant, c’est la rapidité avec laquelle les marchés ont réintégré une prime de risque géopolitique importante. Cela a confirmé un phénomène bien connu : les marchés pétroliers avaient la mémoire courte et avaient réagi de manière symétrique, à la hausse comme à la baisse, sur chaque headline géopolitique.

Vendredi, Donald Trump a déclaré ne pas avoir voulu frapper l’Iran avant les midterms et avait évoqué des discussions “constructives”. Le Brent avait légèrement reculé mais était resté bien au-dessus des 100 dollars en clôture de semaine. Le détroit était resté le point focal : tant qu’il n’avait pas rouvert pleinement, chaque incident avait pu déclencher une nouvelle flambée.

Or

L’or a été le grand bénéficiaire de cette semaine agitée. Le métal s’est retrouvé dans une configuration rare où plusieurs moteurs ont joué simultanément dans la même direction.

La prime de risque géopolitique liée à la reprise des tensions Iran-États-Unis avait naturellement soutenu la demande de valeurs refuges. Mais ce qui avait rendu la semaine particulièrement intéressante pour l’or, c’était l’ajout d’un risque souverain européen. La crise budgétaire française avait rappelé aux marchés qu’une instabilité politique et fiscale en zone euro avait pu se matérialiser rapidement, exactement le type d’incertitude qui avait orienté les flux vers l’or.

Enfin, les données du marché du travail américain ont réduit les anticipations de hausse de taux à court terme, ce qui avait mécaniquement soutenu l’or.

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Raphaël Chouraqui

Raphaël Chouraqui

Rédacteur

Passionné d'économie et de finance de marché. Raphaël apporte son expertise dans le décryptage des cycles macroéconomiques et participe à la rédaction des analyses d'Horacle Capital.

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